Philippe Duron

La Gauche en actions

Saccage de la fédération socialiste du Calvados

Le saccage de la fédération socialiste du Calvados déshonore ses auteurs. Cet acte stupide et inutile dessert la politique et le débat public.

Chacun peut dans un régime démocratique comme le nôtre exprimer son opinion, ses désaccords voire même son indignation dans l’espace publique. La loi travail fait débat, l’usage de l’article 49-3 peut choquer. Rappelons que la loi votée par le Parlement dit le Droit dans notre pays et l’utilisation du 49-3 est tout à fait légitime puisqu’il a été adopté par référendum du 28 septembre 1958, approuvé par 80% des Français.

Il convient maintenant que les auteurs de ce méfait réparent les dégâts qu’ils ont causés dans les locaux de la fédération socialiste, lieu du débat démocratique.

Jean-Marie Girault : Hommage à un homme de Paix

Jean-Marie Girault aura marqué la vie publique pendant près d’un demi-siècle comme maire-adjoint aux sports puis comme sénateur-maire de Caen. Il restera dans l’histoire de notre cité pour sa détermination à créer une agglomération de projet. Autour de lui, avec François Geindre et Jean Moulin,  nous avons créé le District du Grand Caen qui a notamment pris compétence en matière de lutte contre les inondations et permis de protéger les communes riveraines des effets dévastateurs de crues de L’Orne. Ancien Maire de Louvigny, je lui en serai toujours reconnaissant.

Membre des équipes d’urgence en juin 1944, il fut comme ses contemporains marqué par les bombardements qui ont profondément marqué Caen. Homme de Paix, il mit toute son énergie dans la création et le développement du Mémorial de la Paix qui restera sa grande œuvre. Cet honnête homme avait toujours accordé beaucoup d’intérêt à la culture et soutenu la politique culturelle intelligente de son adjointe à la culture Chantal Rivière. Après son retrait de la vie publique, il continuait à s’intéresser à la vie sportive et on le croisait souvent dans les travées du Stade d’Ornano ou de la Maladrerie Omnisport (Mos). Jean-Marie Girault aura été un grand serviteur de sa ville, il mérite notre respect et notre affection.

Conférence débat avec François Gemenne le 31 mars

En 2013, il y a eu plus de migrations dues aux modifications climatiques que de migrations dues aux exactions des régimes exerçant le pouvoir dans certains pays. Si les conventions de Genève protègent les migrants victimes de mauvais traitements, elles ne prennent pas en compte les migrants qui fuient pour d’autres raisons : famine, impossibilité de survie…

 

En 2015, le rapport annuel Global Estimates du Internal Displacement Monitoring Centre auprès du Conseil norvégien pour les réfugiés estime que 26,4 millions de personnes sont déplacées en moyenne chaque année à la suite d’une catastrophe naturelle, soit deux à trois fois plus que le nombre de personnes déplacées à cause de conflits armés. Une observation des évolutions linéaires du nombre de réfugiés dans le monde démontre une augmentation claire du nombre d’individus déplacés dans le monde en raison d’évènements climatiques extrêmes : il y en aurait aujourd’hui 100% de plus qu’en 1970 ! La causalité du changement climatique ne laisse que peu de place au doute : si typhons et ouragans ont toujours existé, ils sont aujourd’hui plus violents, plus fréquents et frappent des zones de plus en plus densément peuplées, faisant donc croître le nombre de victimes.

Le chercheur François Gemenne(1) ne défend pas la création d’un statut de réfugié climatique, jugé trop limité. Ce spécialiste des questions migratoires plaide au contraire pour une convention internationale protégeant les déplacés environnementaux, dans le sillon de l’initiative Nansen(2).
– Le statut de réfugié climatique : une chimère ou une nécessité ?
– Une nouvelle organisation internationale à Genève ?
La création d’une nouvelle structure internationale fait débat. L’Allemagne et le Bengladesh ont d’ores et déjà annoncé qu’ils étaient prêts à apporter un financement. La France a pris le train en marche. «Curieusement, le quai d’Orsay a raté le coche en 2012 en ne participant pas au comité de pilotage», note François Gemenne. Paris a tenté de se rattraper en créant un «club des pays amis», et le gouvernement français pourrait participer à la création d’une nouvelle organisation internationale, en apportant du personnel. Pour l’heure, l’initiative Nansen est soutenue par six personnes travaillant à Genève, à la façon du HCR après-guerre, avant la signature de la conférence de Genève.

 

(1) Chercheur en science politique à l’université de Liège (CEDEM) et à l’université de Versailles Saint-Quentin-en- Yvelines (CEARC), chercheur associé au CERI et directeur exécutif du programme Politiques de la terre à l’épreuve de l’anthropocène au Médialab de Sciences Po, spécialiste des questions liées aux migrations et à l’environnement.

 

(2) Lancée en octobre 2012, l’Initiative Nansen (lancée en octobre 2012 par la Norvège et la Suisse) a pour objectif d’établir un consensus entre les États sur la meilleure manière de traiter le déplacement transfrontalier dans le contexte des catastrophes à déclenchement soudain ou lent.

 

JEUDI 31 MARS, à 20 h. Fédération du Parti Socialiste, 19 rue Paul Toutain à Caen

Maintien de classes bilangues dans le Calvados

Rentrée 2016 : Corinne FERET et Philippe DURON sont modérément satisfaits d’avoir obtenu le maintien de classes bilangues dans le Calvados

Philippe-Pierre Cabourdin, recteur de l’Académie de Caen, vient d’annoncer que le nombre de collèges du Calvados proposant des classes bilangues serait finalement porté à six à la rentrée 2016. Si on peut se féliciter que la classe bilangue allemand du collège Guillaume de Normandie, classé en REP+, soit maintenue, le compte n’y est pas. Il est notamment dommageable que celles de Jacques Monod ne soient pas maintenues dans un collège qui a fait de gros efforts en matière de mixité en accueillant des classes SEGPA lors de la fermeture du collège Jacquart et dont les enseignants ont fait, depuis des années, un remarquable travail en faveur de la connaissance de l’Allemagne et la promotion de la langue de Goethe.

Fin janvier, après la présentation de la « Stratégie nationale des langues vivantes » par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, nous apprenions la quasi-disparition des sections bilangues de l’académie de Caen. Les parents d’élèves et professeurs de langues étrangères s’étaient alors légitimement inquiétés des conditions d’apprentissage des langues vivantes dans notre département. Nous tenons à saluer l’engagement des professeurs d’allemand de notre académie qui assument avec constance la promotion de cette langue.

Immédiatement après cette présentation de la nouvelle « carte des langues », nous avons demandé et obtenu d’être reçus au Ministère de l’Éducation nationale, puis au Rectorat, afin d’évoquer les fortes disparités territoriales en matière d’offre linguistique, ainsi que la nécessité d’un maintien de certaines sections bilangues, en particulier de celles dites « de continuité ». A chaque fois, nous avons rappelé que si nous apportions notre soutien à la « réforme du collège » qui doit permettre l’apprentissage, par tous les élèves, d’une deuxième langue vivante dès la 5ème (au lieu de la 4ème actuellement), nous avons également souligné qu’il n’était pas possible de supprimer la quasi-totalité des sections bilangues existantes.

L’insertion professionnelle des jeunes repose, plus que jamais, sur la maîtrise de plusieurs langues étrangères. C’est pourquoi, si nous nous félicitons d’avoir obtenu le maintien de trois sections bilangues dans le Calvados en plus de ce qui avait été annoncé, nous regrettons de ne pas avoir été entendus notamment en ce qui concerne le collège Monod à Caen.

Maintenant, nous attendons le déploiement de la « réforme du collège » et plus généralement le renforcement de l’offre linguistique du CP à la 3ème.

Des trains neufs pour Caen

Lors de sa conférence de presse du vendredi 19 février, Alain Vidalies, le secrétaire d’État aux transports, a confirmé la commande de rames neuves pour les quatre lignes structurantes des Trains d’Équilibre du Territoire (TET). Il suit ainsi les recommandations du rapport « TET agir pour l’avenir » que je lui avais remis le 26 mai 2015 et l’engagement du gouvernement, annoncé le 9 juillet de la même année, de consacrer 1,5 milliard d’euros pour ces trains.

C’est ainsi l’assurance que la desserte de Paris-Caen-Cherbourg sera prioritaire. Nous pouvons donc nous en féliciter. C’est la certitude d’avoir des trains neufs dans trois ans si l’annonce du ministre de choisir des « Régio2N », trains à deux niveaux, construits par Bombardier, se confirme. Nous n’avions pas attendu l’élection de Hervé Morin à la tête de la Région pour obtenir ce résultat positif et attendu.

La proposition du président de région, Hervé Morin, va bien au-delà des recommandations de mon rapport qui suggérait seulement d’intégrer Le Mans-Tours et Paris-Evreux-Serquigny au sein des Trains Express Régionaux (TER). En proposant au gouvernement de devenir autorité organisatrice de la totalité des Trains d’Équilibre du Territoire normands, la Région va au-devant des souhaits du président de la SNCF. En 2005 déjà, Guillaume Pepy avait souhaité transférer aux Régions les déficits d’exploitation et les investissements des TET. À l’époque, avec Jacques Auxiette, alors président de la Région Pays de Loire, nous avions engagé une épreuve de force et fait reculer SNCF.

En acceptant aujourd’hui ce que nous refusions hier, la Région prend des risques importants. Celui, tout d’abord, de voir la Normandie disparaître du réseau ferroviaire national. Une des conséquences en serait de rendre le financement par l’État, du projet LNPN plus difficile si aucune ligne nationale n’y circule. Celui, aussi, de devoir assumer les déficits d’exploitation de ces trains estimés à plus de 32 millions d’euros par an ; lourde charge pour le contribuable normand. Enfin, il faudra veiller à ce que les trains normands gardent un accès privilégié à la gare Saint-Lazare. Cela se justifie quand il s’agit de trains de « grandes lignes ». Il n’est pas sûr qu’il en soit toujours ainsi quand des trains régionaux normands seront en concurrence avec des Transiliens en progression constante avec l’augmentation du trafic de banlieue.

Une telle décision de reprendre en totalité les Trains d’Équilibre du Territoire ne pourrait se comprendre que dans la perspective d’une ouverture à la concurrence du réseau normand. Est-là, le projet du président Morin ?

 

Philippe Duron interroge le ministre des Transports sur la politique portuaire de la France

Dans le cadre de la semaine de contrôle du Parlement sur le Gouvernement, une séance de questions était organisée ce jour à l’Assemblée nationale avec le Secrétaire d’Etat aux Transports, M. Alain Vidalies, sur les politiques menées par le gouvernement en matière d’infrastructures de transport.
 

J’ai souhaité interroger Alain Vidalies sur la stratégie et les objectifs du gouvernement en matière portuaire. Je lui ai également demandé d’informer la représentation nationale sur l’état d’avancement de certaines procédures douanières, telles que l’autoliquidation de la TVA à l’importation, mesure largement revendiquée par nos ports pour accroître leur attractivité et leur compétitivité face à la forte concurrence de leurs voisins européens.
 

Vous trouverez ci-dessous le texte de mon intervention :
 

« Monsieur le ministre,
 

Dans une économie mondialisée, le transport maritime connaît un développement considérable. Trop longtemps, en dépit d’une situation géographique exceptionnelle, les ports français ont pâti de la concurrence forte et efficace des ports du Benelux et de la Méditerranée.
 

Depuis 2008, toutefois, la situation des ports évolue positivement dans trois domaines :
 

En matière d’organisation des ports tout d’abord, la réforme de 2008 a permis de clarifier les rôles entre l’Etat, propriétaire des infrastructures, et les manutentionnaires, en charge des superstructures.
 

Ensuite, sur la bonne gouvernance des ports, facteur clé du succès des ports « hanséatiques », la proposition de loi sur l’économie bleue portée par mon collègue Arnaud Leroy vient opportunément renforcer la place des régions en proposant la création d’une commission des investissements au sein du Conseil de développement.
Cette meilleure prise en compte des parties prenantes permettra peut-être d’éviter des dysfonctionnements tels que ceux constatés avec le terminal multimodal du Havre.
 

Enfin, en termes d’organisation du personnel, la mission de Madame Martine Bonny et la proposition de loi qui a permis d’en transcrire les conclusions précisent le rôle des ouvriers dockers. Elles contribueront à l’amélioration du climat social et par conséquent à l’attractivité des ports français.
 

Ces mesures complètent heureusement votre démarche pour orienter et dynamiser la logistique française dont les ports sont un élément déterminant.
 

La conférence nationale pour la logistique fut un réel succès. Le prochain conseil stratégique de l’attractivité aura pour thème « La France, plate-forme logistique d’exportation » et sera l’occasion de rendre publique la feuille de route du gouvernement « France logistique 2025 ».
 

Le Premier ministre vient aussi de nommer six parlementaires en mission pour réaliser un diagnostic sur les interfaces et les hinterlands des trois principaux complexes portuaires français. Il devra traduire les objectifs portés par la stratégie nationale sur un plan opérationnel et territorialisé.
 

Pour compléter ce dispositif en faveur de la compétitivité de nos ports, il conviendrait désormais de simplifier certaines procédures douanières, telles que l’autoliquidation de la TVA à l’importation, qui permettrait d’être en cohérence avec les facilités administratives en vigueur dans les autres ports européens. Pouvez-vous M. le ministre nous indiquer l’état d’avancement de ce dossier, et plus globalement préciser à la représentation nationale votre stratégie et vos objectifs en matière portuaire ? »
 

Élections régionales 2015

La Droite conduite par M. Morin a gagné les élections régionales. Je leur adresse mes félicitations et forme des vœux pour qu’ils poursuivent la modernisation de la Région engagée par les équipes de Gauche depuis 1998 en Haute-Normandie et 2004 en Basse-Normandie. Qu’il s’agisse des politiques en faveur de la jeunesse, de formation, de modernisation des Trains Express Régionaux… Hervé Morin a pris l’engagement de faire de Caen le siège de la grande Normandie, nous en prenons acte et nous serons attentifs au respect de cet engagement.
Je tiens à remercier les électrices et les électeurs de Caen et de la première circonscription du Calvados qui ont apporté leur soutien à la liste conduite par Nicolas Mayer-Rossignol à l’occasion du second tour de l’élection régionale. Il s’en est fallu de très peu pour que cette mobilisation soit couronnée de succès. J’adresse toutes mes félicitations à Nicolas Mayer-Rossignol et à ses colistiers qui ont fait une magnifique campagne et à Laurent Beauvais qui restera dans l’histoire de la Région et dans la mémoire des Caennais. On peut se réjouir du recul de l’abstention qui montre que le front républicain, a encore un sens pour nombre de nos concitoyens. Le résultat du Front national restera cependant le fait majeur et inquiétant de ces élections, il appelle des réponses notamment dans le domaine de la coopération intercommunale pour permettre d’ouvrir des perspectives en matière de projet et de services pour les territoires ruraux et leurs populations.

Élevage : sorte de crise

La crise de l’élevage est complexe. La situation des éleveurs a pris ces dernières semaines un tour dramatique qui aurait pu conduire nombre d’entre eux au dépôt de bilan. La baisse des cours, la pression de la grande distribution pour acheter toujours moins cher, l’évolution des habitudes alimentaires, amènent les agriculteurs à vendre en dessous des coûts de production. La fermeture de certains marchés a encore aggravé cette situation.

C’est cette situation désespérante qui a conduit les éleveurs à bloquer la circulation sur de grands axes de circulation, d’abord dans l’agglomération caennaise puis ailleurs dans le pays.

La venue à Caen du ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, pour rencontrer et dialoguer avec les éleveurs, et les décisions adoptées ce matin par le Conseil des ministres ont permis de dénouer la crise. Des mesures de court terme pour venir en aide aux agriculteurs vont permettre d’accompagner les éleveurs en difficulté. La Banque publique d’investissement (BPI) interviendra à hauteur de 500 millions d’euros pour aider les entreprises d’élevage à faire face à leurs besoins de trésorerie. Les agriculteurs en difficulté pourront demander le report de cotisations personnelles et employeurs ainsi que la remise gracieuse de leurs taxes foncières. Ils pourront en outre obtenir un report des dernières échéances d’impôts sur le revenu et sur les sociétés.

A côté de ces mesures de court terme, le conseil des ministres a adopté des mesures plus structurelles. Ainsi, il consacrera 10 millions d’euros à la promotion de la consommation de la viande bovine porcine ainsi que des produits laitiers en France et à l’étranger. Il mettra en place une plate-forme « viande France Export » pour répondre aux demandes des produits importateurs.

Des mesures permettront aux éleveurs de participer à la transition énergétique, notamment en exonérant de la fiscalité locale les installations de méthanisation.
Ces mesures viennent rassurer les éleveurs qui ont décidé de lever leurs barrages en fin d’après-midi.