Philippe Duron

La Gauche en actions

La réunification de la Normandie : l’affaire de tous les Normands

La Normandie, la Normandie réunifiée… Que de débats depuis un demi-siècle ! C’était devenu un marronnier. Le sujet resurgissait périodiquement à l’occasion d’une campagne électorale ou à l’occasion d’un anniversaire symbolique comme l’année Guillaume en 1988. Tous en parlaient, peu y croyaient. Et puis, patatras, François Hollande, le président de la République annonce tout à trac, le 14 janvier, une grande réforme territoriale. Et là, tout d’un coup, on y est ; il va falloir y aller. On l’a tellement désirée, tellement appelée de nos vœux cette Normandie unifiée que maintenant il faut passer du discours aux actes. Très franchement, on est plutôt vernis par ce redécoupage territorial, il ne pose pas problème en Normandie comme en Bretagne ou en Alsace. Chez nous, on recompose une région historique sans aller au-delà.

 

Les salles pleines qui sont venues débattre avec le Président Beauvais dans toutes les villes de la Région mettent en évidence l’intérêt suscité par la réforme et par la création d’une grande Normandie. C’est le signe de l’appropriation de la réforme.

 

Mercredi soir, au Mémorial de Caen, l’amphithéâtre 360 était plein à craquer et plus de 100 personnes, frustrées, n’ont pas pu débattre avec les élus régionaux. Mais la tonalité était claire et quasi unanimement favorable à la Normandie réunifiée.

 

Après, et c’est normal, se sont exprimés questionnements et inquiétudes. Et puis, quelques prises de positions politiques… nous sommes à moins d’un an des élections régionales !

 

Les interrogations portaient d’abord sur la méthode. Où en est-on sur les négociations avec les Hauts-Normands ? Comment va-t-on unifier les politiques publiques des deux régions ? Qu’adviendra-t-il de la cart’@too, y aura-t-il fusion entre les deux orchestres régionaux ? Les inquiétudes se font jour pour l’avenir des fonctionnaires territoriaux…

 

La question de la capitale a, bien naturellement, fait l’objet de nombreuses et légitimes questions. Rouen ou Caen ? Une capitale en réseau entre Caen, Rouen et le Havre comme le propose un collectif de géographes normands ?

 

La question des personnalités et des ambitions est évoquée mais très incomplètement. Laurent Beauvais le mesuré ou Nicolas Mayer-Rossignol l’omniprésent ? Personne n’a parlé des têtes de listes de la droite et de l’extrême-droite. Car de ce côté, les manœuvres vont bon train entre l’UMP et l’UDI. Bruno Lemaire reste prudent, partagé entre son avenir national et ses ambitions territoriales, le maire du Havre dit préférer sa ville à la Région, alors qu’à l’UDI, on piaffe : Hervé Morin ou Jean-Léonce Dupont ? Mais ce ne sont que des rumeurs…

 

Laurent Beauvais et les élus régionaux surent se montrer pédagogues, apaisants, sérieux, convaincants.

 

Les discussions sont engagées, les coopérations sont anciennes sur le tourisme, la culture, les transports… les nouvelles politiques s’élaborent en concertation.

 

Si Philippe Legueltel, le modérateur de la soirée, avait bien voulu me donner la parole comme je le lui ai demandé à plusieurs reprises, j’aurais dit qu’il fallait aborder cette étape de la vie régionale avec confiance et détermination.

 

Confiance parce qu’il s’agit d’une réforme stratégique qui va renforcer les régions, renforcer et clarifier leurs compétences. Une réforme qui doit nous rendre plus forts si on sait la mener avec le souci de concevoir des politiques publiques plus ambitieuses et plus efficaces. Avec confiance pour l’avenir de Caen et de Caen la mer. Tout d’abord parce que la cohabitation de deux grandes villes dans une même Région existe déjà, en Rhône-Alpes et PACA. Grenoble se développe bien aux côtés de Lyon, Nice va plutôt mieux que Marseille.

 

Mais détermination parce que rien ne nous sera donné. Il faudra mettre en avant nos nombreux atouts, les qualités de nos trois départements, le dynamisme de notre capitale régionale dans les domaines de la formation de la recherche et de la culture…

 

Nicolas Mayer-Rossignol fait le job pour défendre les intérêts de Rouen et de la Haute-Normandie ; nous devons faire de même autour de Laurent Beauvais, notre président de Région.

Le politiquement correct et la bonne gestion des finances publiques

La ville de Caen met en vente aux enchères la voiture de service du Maire. Opération de bonne gestion ou petite manœuvre de communication ?

 

La voiture du Maire de Caen a toujours été une voiture statutaire. Jean-Marie Girault appréciait les CX Citroën pour leur confort. Madame Le Brethon préféra, elle acquérir une 607 Peugeot. À mon arrivée à la Mairie, j’ai procédé de la même manière qu’à la Région en 2004. J’ai poussé jusqu’au bout les véhicules acquis par les prédécesseurs. À la région, après la Vél Satis, 8 cylindres achetée par René Garrec, j’ai fait l’acquisition d’un véhicule neuf parce que la fonction appelle à de très nombreux déplacement routiers. J’ai choisi une Citroën parce qu’une partie du véhicule, la liaison au sol, est fabriquée en Basse-Normandie, à Cormelles-le-Royal. C’était une façon de rendre hommage aux salariés bas-Normands et de soutenir l’économie régionale. C’est d’ailleurs le choix qu’a fait le président du Conseil Général lorsqu’il a pris ses fonctions en 2012.

 

À la ville, lorsque la 607 du maire a dépassé les 200 000 km, j’ai fait le choix de la remplacer par un véhicule d’occasion acquis 19 000€. Quand Citroën a décidé en 2012, d’arrêter la fabrication de ce modèle, la ville à réalisé une très belle opération en achetant une voiture de garage à un prix inférieur de 48% par rapport au prix du neuf. C’est-à-dire le prix d’une voiture de milieu de gamme avec des options.

 

La mise à prix de ce véhicule à 10 000 € est une très mauvaise affaire pour la ville. On brade son patrimoine avant qu’il ne soit amorti. C’est à peine le double de la prime offerte par les garages pour l’achat d’une voiture neuve. Si cette voiture déplaisait au futur Maire, j’aurais compris qu’il négocie la reprise de ce véhicule pour acheter une voiture neuve.

 

Quant à la 407, qui n’était pas la voiture du Maire comme l’affirme de manière malveillante le directeur de cabinet du Maire. C’était le véhicule de fonction de l’ancien directeur général des services de Madame Le Brethon. Si nous ne l’avons pas vendu à son départ c’est que sa valeur de revente était très inférieure à sa valeur d’usage. Elle a donc été maintenue dans le parc avec 2 vieilles Renault Laguna qui servent chaque jour pour les services, le déplacement des élus ou des directeurs  dans l’agglomération ou au-delà.

 

Par ailleurs, avec Marc Levilly, l’ancien Maire-Adjoint aux finances, nous avons veillé lors du renouvellement du parc automobile à réduire le nombre de véhicules et leur cylindrée. Cela a eu pour conséquence une réduction des charges de la ville pour les déplacements.

 

Quant à la décision  du nouveau Maire de rouler en Laguna 2, c’est son choix. Mais une voiture, pour le Maire, c’est un lieu de travail. Connaissant ce  véhicule, soit Monsieur Bruneau ne se déplacera pas beaucoup, soit il n’y travaillera guère.

 

On le voit bien, la motivation du Maire est double : apparaître comme un homme vertueux et chercher une fois encore à discréditer son prédécesseur. Pour la vertu, le secrétaire général de l’UMP du Calvados qu’il était auparavant, n’aurait pas du valider un meeting au Zénith de Caen qui aura coûté cinq fois plus que ce qui a été déclaré dans les comptes de campagnes du candidat UMP à l’élection présidentielle.

 

Pour l’efficacité, Monsieur le Maire, aurait pu ne pas valider la rénovation des bureaux des adjoints qui étaient en très bon état. Moi, je n’ai rien changé au bureau du Maire que Mme Le Brethon avait fait refaire à grands frais ; de même, j’ai fait arrêter les projets de rénovation des locaux du cabinet du Maire qui en avaient pourtant bien besoin. Je n’ai pas communiqué sur ces mesures d’économies parce que ce n’est pas sur ces sujets que se joue l’avenir de Caen.

 

Monsieur Bruneau aurait mieux fait de se mobiliser sur le dossier Inter-Ikea et de prendre la voiture en très bon état que je lui ai laissée pour aller défendre lui-même le dossier devant la commission Nationale d’Aménagement Commercial à Paris, comme je l’avais fait avec succès. L’avenir de Caen se joue aussi à Paris, et demain à Rouen.

 

Il faut élever votre niveau d’ambition Monsieur le Maire, Caen le vaut bien.

 

 

 

Arts florissants : Caen renonce à l’excellence

Mardi, Bernard Cazeneuve, notre très cultivé Ministre de l’intérieur, remettra à William Christie les insignes de Grand Officier du Mérite national. Sans doute évoquera-t-il le bonheur d’avoir accueilli les Arts Florissants au théâtre de Cherbourg grâce au partenariat avec la Région Basse-Normandie.

 

C’est à ce moment que la ville de Caen annonce l’abandon de la convention avec cet ensemble baroque qui a grandement contribué au renouveau du théâtre de Caen après la funeste fermeture, en 68, de la Maison de la Culture par un maire peu éclairé ! Une relation passionnelle s’est tissée entre les « Arts Flo » et le public caennais, un des plus avertis. Les équipes du théâtre se sont enrichies professionnellement à l’occasion des productions réalisées à Caen. Toute une génération de jeunes chanteurs invités au « jardin des voix », la Master class organisée dans notre ville depuis dis ans, porte aujourd’hui le nom de Caen sur toutes les scènes du monde. Elodie Fonnard, jeune Ifoise, ancienne élève du conservatoire, en fut une des récentes révélations.

 

Ce partenariat, d’autres villes s’en sont inspirées, Lille avec Emmanuelle Haïm et son « concert d’Astrée », Rouen avec Laurence Equibey et l’ensemble « Accentus » ou Grenoble qui accueille Marc Minkowski et « Les musiciens du Louvres », car la culture est un des éléments majeurs d’identité et d’attractivité d’une ville. Les Arts florissants sont avec l’IMEC et l’Université populaire de Michel Onfray, les trois marqueurs culturels de Caen en France et à l’international.

 

Priver le théâtre de Caen des « Arts Flo » l’année de sa réouverture est une bien mauvaise manière d’encourager la remarquable équipe de Patrick Foll qui a fait progresser la fréquentation du vaisseau amiral de la culture caennaise et bas-normande de 70 000 à 130 000 spectateurs. En dix ans, comme président de Région puis comme maire de Caen, je me suis battu pour maintenir et enrichir le partenariat avec les « Arts Flo ». J’invite aujourd’hui le public à faire entendre sa voix ; je ferai chœur avec lui.

 

Si nous ne parvenons pas à ce que la beauté l’emporte, il nous restera les souvenirs magnifiques de cette sublime aventure… Ce soir des « Indes galantes » où les spectateurs quittaient le théâtre, ivres de musique et de beauté, en chantant « l’air des sauvages ». Aujourd’hui les sauvages sont à l’hôtel de ville, et ils sont tristes à pleurer.

L’audit de trop

Joël Bruneau a présenté mardi 16 septembre au Conseil communautaire de Caen la mer le résultat d’un audit financier.

 

Autant, il était utile et justifié de faire un audit à Caen, autant c’était inutile à Caen-la-mer. J’en avais fait réaliser un en 2013 pour que l’ensemble des communes prenne conscience des difficultés budgétaires de notre agglomération. Caen-la-mer souffre d’une faiblesse structurelle endémique de ses ressources depuis sa création en 2003. Pour n’avoir pas porté son taux de taxe professionnelle au taux moyen des agglomérations françaises, pour avoir refusé trop longtemps la création d’une fiscalité sur les ménages, il lui manquait, dès 2005, 5 millions d’euros par an pour boucler son budget. Elle ne s’en sortait que par des artifices, une conjoncture favorable et des recettes de taxe professionnelle supérieures aux prévisions. J’avais alerté le conseil communautaire dès mon arrivée aux responsabilités en 2008.

 

J’ai obtenu de longue lutte l’instauration d’un impôt additionnel avec seulement deux voix de majorité, j’ai fait voter en 2012 une augmentation indispensable de cette recette après que le Président Sarkozy a supprimé, en 2009, la taxe professionnelle, principale ressource des communautés d’agglomération. Cette augmentation d’impôts, qui reste raisonnable au regard des autres agglomérations de notre strate, a permis comme le montre l’audit de redresser l’épargne brute de Caen-la-mer de plus de 8 millions d’euros en 3 ans. Le gel des dotations de l’État en 2010 puis leur forte baisse à partir de cette année créent une situation nouvelle et préoccupante à Caen-la-mer comme dans de nombreuses collectivités. Nous avions anticipé ces contraintes externes et j’avais indiqué qu’il faudrait renégocier le pacte financier entre les communes, car l’agglomération redistribue trop à chacune d’entre elles par rapport à ses recettes.

 

L’autre fragilité de Caen-la-mer tient aux équipements transférés en 2003 par la ville de Caen, qu’ils soient dans un état lamentable comme l’École d’Art ou le Stade Nautique, ou bien dans un état préoccupant comme la Bibliothèque centrale. L’École d’Art fut reconstruite sous le mandat de Luc Duncombe. C’est lui aussi qui a engagé le projet de BMVR, qui l’a fait inscrire judicieusement dans le contrat de projet État-Région 2007-2013. Il avait, avant nous, tenté sans succès de rénover ou de reconstruire le stade nautique. Après une mise en demeure de fermeture de la commission de sécurité, nous n’avions d’autre choix que d’engager ce nouveau chantier. Peut-on imaginer de refuser l’apprentissage de la natation à toute une génération ? Tous ces dossiers ont, je le rappelle, été votés à la quasi-unanimité par le conseil communautaire. De surcroît, ils ont été engagés avant la suppression de la taxe professionnelle et bien sûr avant la réduction des dotations. Cet effort de remise à niveau des équipements de l’agglomération est en cours d’achèvement. Il est évident que le mandat qui s’ouvre doit être considéré à l’agglomération comme un mandat de récupération.

 

Ces conditions nouvelles et pénalisantes pour les collectivités appellent une stratégie nouvelle. La renégociation du pacte financier entre les communes s’impose. L’agglomération ne peut pas redistribuer autant à chacune d’entre elles. On n’échappera sans doute pas à une augmentation de l’impôt communautaire, je l’avais indiqué pendant la campagne électorale. L’attractivité de Caen est à ce prix.

 

Pendant les six dernières années, Caen-la-mer s’est remise en mouvement grâce à un projet d’agglomération ambitieux mais réaliste ; je crains que derrière les propos alarmistes de M. Bruneau ne s’annonce une politique de renoncement, c’est-à-dire de recul de Caen-la-mer.

Philippe Duron et les « Jeannette » reçus à Paris par Arnaud Montebourg

J’ai accompagné ce matin une délégation des salariés de l’entreprise Jeannette à Paris, où nous avons été reçus par Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif.

 

Cette heure d’entretien a été très satisfaisante. Nous avons bénéficié, avec les salariés de Jeannette et leurs représentants syndicaux d’une très grande écoute. Arnaud Montebourg nous a garanti qu’il ferait tout son possible pour accompagner ce combat pour faire revivre l’entreprise. J’ai également été sensible aux propos du Ministre qui a salué la lutte exemplaire des salariés. Afin de suivre personnellement le dossier, il a demandé à son Conseiller technique, Valentin Przyluski, de participer dès cette après-midi au rendez-vous prévu à la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi de Basse-Normandie) de Basse-Normandie.

 

À l’occasion de ce rendez-vous avec le commissaire au redressement productif et le cabinet chargé de la liquidation judiciaire, un nouveau projet de relance pour cette société spécialisée dans la production de madeleines, doit être étudié. Il comprend une relocalisation de l’entreprise et une intervention des Collectivités territoriales.

 

L’étude de ce nouveau projet de relance répond à l’appel des salariés Jeannette, qui occupent les locaux de l’entreprise depuis le 24 février dernier. Ils ont, à plusieurs reprises, repris la production des madeleines et organisé des ventes ponctuelles, plébiscitées par les Caennais.

 

Leur détermination a permis à 17 repreneurs potentiels de se manifester. Dans la semaine du 10 au 16 mars, plusieurs visites du site ont été réalisées. Les projets de reprises sérieux sont actuellement à l’étude.

 

Le nouveau Cap Horn : un accueil digne pour les sans abris

L’émotion était grande, hier soir au Cap Horn.

 

Dans le centre d’hébergement de l’agglomération Caen la mer  – véritable espace de socialisation, animé par des agents compétents et généreux – nous accueillons tous les soirs une quarantaine d’hommes sans-abri, à qui nous essayons d’apporter un peu de réconfort, après de longues journées passées dans la rue. L’ancien bâtiment datait de 1966 ; il était particulièrement vétuste.

 

Il était temps d’offrir à nos hébergés des conditions de vie plus humaines et plus dignes. C’est pourquoi, nous nous sommes inscrits dans le plan d’humanisation et de rénovation des centres d’hébergement, lancé par l’Etat, qui nous a bien accompagnés sur ce dossier. Nous avons confié le dossier à la Caennaise, alors présidée par Michel PONDAVEN, qui avait milité pour ce projet. Gratien ATCHRIMI, son successeur, a repris le flambeau avec autant de passion et générosité. Nous avons aussi pu compter sur le soutien de la Région Basse-Normandie et de l’Etablissement Foncier de Normandie. Le Conseil général du Calvados et la Caisse d’allocations familiales sont aussi des partenaires précieux, car ils nous accompagnent pour faire fonctionner l’établissement au quotidien.

 

Avec Gilles Déterville, adjoint en charge des affaires sociales, Lucien Bollote, Directeur de l’EPFN, Gratien Atchrimi, Président de la Caennaise qui a construit le nouveau bâtiment, Jean-Bernard Bobin représentant le Préfet, Xavier Le Coutour, Président de la Commission et Corinne Féret, 1ère adjointe au maire et représentant le Président de la Région Basse-Normandie

 

Emotion particulière aussi, parce que nous célébrerons demain le 60ème anniversaire de l’Appel de l’Abbé Pierre, prononcé le 1er février 1954 lors d’un hiver particulièrement rigoureux. Son cri d’alarme aura marqué les esprits et provoqué un afflux massif de dons, pour un total de 500 millions de francs, avec lesquels il fit construire des cités d’urgence. En ce même hiver 1954, l’Abbé Pierre écrivait à Maurice FOURQUEMIN, alors jeune prêtre ouvrier, à l’origine de la création du Cap Horn. Il lui manifestait sa reconnaissance : « il est si précieux pour nous d’avoir dans chaque ville quelqu’un comme vous pour nous représenter ».

 

Maurice FOURQUEMIN était une figure caennaise, dans une ville où la cause des sans-logis avait pris un sens tout particulier au lendemain de la guerre, après avoir été détruite à près de 80% par les bombardements des Alliés. Il n’a eu de cesse de militer, d’alerter, de lancer des appels… pour une prise de conscience de la gravité des conditions de vie des personnes à la rue, sans travail, aux parcours de vie difficiles. Il a participé à la construction de 10 pavillons américains rue Emmanuel Desbiots, à la création de la Cité de l’Espérance à la Guérinière, à celle du premier centre d’accueil de 26 lits rue du Marais. Plus tard, il sera le co-fondateur de la Maraude, qui existe toujours et intervient comme un trait d’union entre les personnes à la rue et les structures d’hébergement. Nous lui avons rendu hommage en apposant une plaque à sa mémoire à l’entrée de ce nouveau Cap Horn. Je proposerai au Conseil municipal de baptiser l’allée qui mène au Cap Horn « Allée Maurice FOURQUEMIN ».

 

Chaque année, le 1er février est également l’occasion pour la Fondation Abbé Pierre de présenter son rapport 2014 sur l’état du mal-logement. C’est un rapport très apprécié car il apporte une des meilleures expertises en la matière. En 2013, il y avait 3,6 millions de personnes non ou mal logées ; 5 millions dont la situation est jugée « fragile » du fait de la crise du logement et des conséquences de la crise économique de 2008-2011 qui continue de produire ses effets sur les populations les plus modestes. 133 000 personnes sans domicile fixe, 85 000 habitants de logements de fortune, 60 000 vivant à l’hôtel ou dans des résidences sociales… Nous ne restons pas inactifs face à ces situations.

 

A Caen la mer, depuis l’adoption de notre projet d’agglomération et du programme local de l’habitat, nous livrons chaque année près de 600 logements locatifs sociaux, nous agissons pour améliorer les conditions d’accueil des gens du voyage (création de logements adaptés sur le terrain Poincaré, création de nouvelles aires d’accueil), nous finançons aussi les structures d’accueil des plus démunis, permettant ainsi, depuis 2010, la création de 150 nouvelles places. A l’heure où l’actualité nationale et certains rassemblements contestataires pourraient nous faire craindre une montée de l’intolérance en France, il est plus que jamais nécessaire de poursuivre notre combat pour plus de justice et de solidarité.

 

C’est tout le sens d’un projet comme celui de la reconstruction du Cap Horn, et comme beaucoup d’autres soutenus par les pouvoirs publics, souvent menés à l’initiative de personnages hors du commun, comme le fut Maurice FOURQUEMIN.

Premier comité de pilotage du projet LNPN cet après-midi à Paris

J’ai eu le plaisir de participer cet après midi à l’installation du comité de pilotage du projet LNPN. Depuis la fin du débat public sur le projet, qui s’est terminé le 31 janvier 2012, il y a deux ans juste avant l’élection présidentielle, et la décision positive du Conseil d’administration de RFF qui a choisi de poursuivre le travail de préparation du projet lors de sa réunion de mars 2012, nous attendions la relance du pilotage. L’opportunité du projet est démontrée et acceptée par tous les acteurs du monde ferroviaire et des collectivités locales.

 

Pourquoi un comité de pilotage ?

 

Ce comité de pilotage est très important, et j’avais profité du 3ème colloque axe Seine du 22 novembre 2012 à Paris pour appeler à sa réinstallation.

J’avais insisté auprès de Frédéric Cuvillier : un projet sans porteur est beaucoup moins bien identifié. Je l’ai mesuré ensuite plus particulièrement pendant la période de travail de la commission Mobilité 21 que j’ai eu l’honneur d’animer de septembre 2012 à juin 2013.

 

Au travail !

 

Nous voilà au travail, avec l’Etat, les trois Régions de Basse-Normandie, Haute-Normandie et Île-de-France, les agglomérations (Caen la mer, Rouen, Le Havre, Cherbourg notamment) et les départements concernés par le passage du projet.

 

Frédéric Cuvillier a donné la présidence du comité au Préfet François Philizot, qui anime les travaux de la délégation interministérielle en charge du développement de la Vallée de la Seine. C’est une bonne nouvelle pour la cohérence des réflexions et des décisions sur lesquelles nous allons travailler dans les mois qui viennent. Ce projet n’est pas une fin en soi : il doit répondre à des besoins. C’est un outil d’aménagement du territoire.

 

Répondre aux attentes des Bas- Normands

 

Je sais combien il suscite d’attentes parmi les voyageurs du quotidien qui travaillent à Paris, parmi les salariés qui se déplacent occasionnellement pour un rendez-vous de travail à Paris ou à Caen, ou les toutes celles et tous ceux qui se rendent à Paris ou viennent dans notre Région pour leurs loisirs.

 

Nous sommes déterminés à faire aboutir ce projet. Mobilité 21 a proposé de le mettre dans la première période d’investissement de l’Etat. Cette proposition a été reprise par le Premier ministre, Jean-marc Ayrault, le 9 juillet 2013, dans son discours sur les investissements d’avenir. LNPN est désormais une des priorités ferroviaires du pays pour les 15 prochaines années.

 

Nous avons acté cet après-midi un calendrier de travail qui permet à RFF, maître d’ouvrage du projet, de poursuivre les études. Etudes environnementales, études de tracés, enquête publique et concertation seront les préalables nécessaire à la déclaration d’utilité publique.

 

Réalisation attendue d’une première phase pour le début de la prochaine décennie.

 

A travail !

 

 

Un défi pour Caen la mer : conforter la place de l’agglomération caennaise sur l’échiquier territorial

Je ne me suis pas encore exprimé publiquement dans le débat suscité par les déclarations du Président de la République lors de sa conférence de presse du 14 janvier dernier à propos de la réforme territoriale.

 

Je l’ai fait hier à l’occasion des voeux que j’ai adressé aux forces vives de l’agglomération caennaise :

 

Le Président de la République, lors de sa Conférence de presse du 14 janvier, a annoncé une nouvelle réforme des collectivités territoriales pour 2014. Il s’est dit prêt à faire évoluer l’organisation territoriale dans un souci d’efficacité et de réduction de la dépense publique, fixée à 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017. Après avoir salué la création des métropoles, il a insisté sur la nécessité de nouveaux efforts pour « mettre un terme aux enchevêtrements et doublons » des communes, intercommunalités, départements et régions. Parmi les pistes évoquées, la fusion des collectivités, et notamment des Régions.

 

Ces déclarations ont naturellement relancé l’idée d’un rapprochement des Normandie. D’autant que dès le lendemain, le Ministre du Budget, notre ami Bernard CAZENEUVE, en évoquant sa proposition de dotations supplémentaires/ »bonus » en cas de fusion de collectivités, a explicitement pris la Normandie en exemple.

 

Il s’agit d’un défi important pour Caen la mer : conforter la place de l’agglomération caennaise sur l’échiquier territorial.

 

Il n’y aurait rien de scandaleux à faire aujourd’hui une chose pareille, j’ai le souvenir d’avoir mené une campagne électorale en 2004 sur cette thématique. Mais nous ne pouvons pas faire cela sans concertation : il serait impensable que cela se traduise par l’hégémonie d’une région sur l’autre. Les récentes déclarations du Président de la Région Haute-Normandie sur la question de la capitale me semblent prématurées. Je ne pense pas que ce soit la meilleure façon d’engager les discussions, si nous souhaitons aboutir à une logique « gagnant-gagnant » pour l’ensemble des Normands.

 

J’ai montré des signes d’ouverture à plusieurs reprises, j’ai tendu la main aux autres agglomérations, en proposant notamment de lancer la réflexion sur la création d’un pôle métropolitain Caen – Rouen– Le Havre. Ce type de coopération me semble être une façon intelligente d’apporter de la richesse. Mais je n’ai pas été entendu par mes homologues Hauts-Normands. J’espère que l’impulsion souhaitée par le Président de la République nous permettra d’avancer sur ce sujet, dans un esprit de collaboration fructueuse mais aussi de respect réciproque.

 

Dans ce contexte, nous devons réinterroger la future organisation territoriale de notre agglomération. Nous devons poursuivre les travaux engagés avec Caen Métropole – dont je salue la Présidente, chère Corinne FERET – sur le projet métropolitain. Il nous faudra aussi remettre sur le métier la carte que nous avions élaborée avec le groupe de travail piloté par Colin SUEUR et Dominique VINOT-BATTISTONI lorsque nous avons préparé la mise en œuvre de la loi portant réforme des collectivités territoriales du 16 décembre 2010 et le schéma départemental de coopération intercommunale en 2011, le SDCI.

 

La carte préparée par le Préfet LALLEMENT, plus ambitieuse encore, avait été censurée par les autorités gouvernementales, à la demande pressante du Président du Conseil général du Calvados, contre toute logique territoriale. Sur les 68 SDCI adoptés au 1er mai 2012, le taux moyen de réduction du nombre de communautés est de 21%. Dans certains départements, la rationalisation a été très importante, comme dans les Deux-Sèvres (-60%), le Nord (-58%) ou les Alpes Maritimes (-57%). Dans le Calvados, elle aura été inférieure à 5%.

 

Cela nous a inutilement fragilisés, et nous le mesurons aujourd’hui. D’autant que le vote définitif du projet de loi de modernisation de l’action territoriale publique et d’affirmation des métropoles (Mapam) par le Sénat et l’Assemblée nationale, le 19 décembre dernier, a confirmé l’abaissement du seuil de création des Communautés urbaines de 450 000 à 250 000 habitants. Sans l’intervention malheureuse que j’évoquais à l’instant, nous serions en mesure de transformer dès à présent notre Communauté d’agglomération en Communauté urbaine.

 

Aussi, je vous invite – quels que soient les résultats des prochaines échéances électorales – à poursuivre nos initiatives pour développer ce territoire à la bonne échelle, permettre à notre intercommunalité d’accroitre ses compétences et bénéficier de dotations financières plus importantes pour développer les services à la population et aux entreprises.

 

Nous n’avons pas à rougir de nos atouts, ils sont considérables. Mais si nous voulons préserver nos fonctions de commandement, notre attractivité scientifique, notre excellence en matière de recherche – tout ce que nous avons pu présenter et mettre en débat lors du 4ème colloque de la Vallée de la Seine qui s’est tenu à Caen le 13 décembre dernier, et qui a rassemblé près de 600 personnes – nous devons continuer à nous en donner les moyens.

 

Désormais, il s’agit autant de développer le travail en réseau entre les villes de Basse-Normandie, d’amplifier les dynamiques économiques, sociales, culturelles, territoriales, de notre grande agglomération considérée à l’échelle du bassin de vie, que de s’imposer une discipline dans la gestion de nos projets, de nos budgets.