Communiqué de presse de Philippe Duron,
Député-maire de Caen
Paris, le 9 octobre 2012
A l’occasion de la séance des questions au gouvernement du mardi 9 octobre, Philippe DURON a interrogé Monsieur le Ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche sur les ambitions du gouvernement en matière d’infrastructures de transport.
« Monsieur le Président,
Ma question s’adresse à Monsieur le Ministre délégué en charge des transports, de la mer et de la pêche,
Monsieur le Ministre,
Chaque jour, plusieurs millions de nos concitoyens utilisent les transports en commun pour se rendre au travail. Le secteur des transports et de la logistique assure, à lui seul, plus de 6% du Produit Intérieur Brut. Il génère de nombreux emplois, de toutes qualifications, et participe à la compétitivité du territoire. Les impératifs de lutte contre le changement climatique appellent des efforts de modernisation de nos infrastructures de transport pour que le transfert modal ne reste pas un vain mot.
Du CIADT de 2003 au Grenelle de l’Environnement, du projet du Grand Paris au récent Schéma national des Infrastructures de transport, la précédente majorité a élaboré des programmes estimés à plus de 245 Md€.
Même étalés sur les trente ans à venir, ils excèdent les capacités financières de l’Etat mais aussi des collectivités territoriales fragilisées par la suppression malencontreuse et mal compensée de la taxe professionnelle.
Chargeant ainsi lourdement le plateau des dépenses, l’ancienne majorité a dans le même temps confisqué de précieuses recettes en privatisant les sociétés d’économie mixte à caractère autoroutier, les SEMCA, dont les dividendes dynamiques alimentaient l’AFITF.
Le candidat François Hollande, lors de la campagne pour l’élection présidentielle, conscient de l’importance des transports dans la vie des Français, a mis en avant l’effort prioritaire à réaliser en faveur des transports du quotidien.
Chacun comprend qu’il faudra faire des choix, mais beaucoup s’interrogent sur l’avenir des projets attendus par les populations comme par les territoires.
Vous avez indiqué, M. le Ministre, à un quotidien économique que vous ne serez pas le « ministre du renoncement ». Comment allez-vous concilier votre engagement en faveur d’une mobilité efficace et les contraintes budgétaires du moment ? Pouvez-vous nous préciser les intentions du gouvernement en matière d’infrastructures de transport ? »
Monsieur Frédéric CUVILLIER, Ministre délégué en charge des transports, de la mer et de la pêche, a répondu à Philippe DURON.
M. CUVILLIER a tout d’abord salué M. DURON en tant que « fin connaisseur de la question des transports », ne donnant que « plus de force et de portée » à son appréciation sur le sujet.
Comme lui, il partage le constat d’une « situation extrêmement dégradée héritée dans le domaine du transport et qui concerne pourtant plus d’un million de salariés dans notre pays ». Il a ainsi souligné la dégradation de la situation sociale et de l’état des infrastructures de transport, mais a également reproché à la précédente majorité l’absence globale de réponses apportées à l’amélioration des transports du quotidien, pourtant préoccupation première des Français.
M. CUVILLIER a ensuite rappelé les nombreux dossiers épineux hérités du précédent gouvernement au lendemain des élections législatives : la situation de Sea France, qui menaçait 1500 emplois dans le transport maritime, celle de Novatrans pour le transport combiné ou encore la situation d’Air France pour le transport aérien, où plus de 5000 suppressions d’emplois étaient initialement annoncées.
Il a conclu son intervention en revenant sur l’irréalisme financier du Schéma national des Infrastructures de Transport (SNIT), « lourd de 245Md€ de promesses électorales inconsidérées » aux Français, voté sans aucune garantie de financement et en sachant la capacité budgétaire annuelle limitée de l’AFITF, de 2 milliards d’euros.