Hier soir en Conseil municipal, l’opposition a choisi de quitter la séance, bien avant la fin de l’ordre du jour. Le prétexte utilisé était futile. Les décisions qui restaient à débattre et voter l’étaient beaucoup moins.
Quel sens donner à ce départ théâtral ? Compte tenu de l’embarras suscité sur les bancs de la droite par l’intervention de la délégation (un parent d’élèves, une enseignante, un élu) du collège Lemière en début de Conseil, nous avons compris que Madame de la Provôté et ses collègues de l’opposition ne savaient pas comment déterminer leur vote sur le vœu que nous avions choisi d’adresser, une fois encore, au Président du Conseil général.
Il est toujours étonnant de voir des élus tourner le dos à leurs responsabilités, surtout lorsqu’il s’agit de préférer les postures politiciennes à l’intérêt général.
Difficile pour Madame de la Provôté, Conseillère générale de la majorité départementale, d’assumer la décision du Président du Conseil général qui venait d’annoncer dans l’après-midi la fermeture de ce collège, pourtant plein.
Depuis un an et demi et son arrivée à la tête du Département, Jean-Léonce Dupont a fait de la réduction du nombre de collèges à Caen un préalable à toute discussion. Si chacun peut comprendre que la baisse démographique amène à réinterroger la carte scolaire départementale, cette méthode qui consiste à décider d’abord du nombre de fermetures d’établissements avant de s’interroger sur les enjeux éducatifs et pédagogiques ne peut être acceptée. Surtout, le choix de limiter cette réflexion à la seule ville de Caen, faisant fi d’une vision à l’échelle de l’ensemble du Calvados, est un comble pour un Département !
En matière scolaire, les réorganisations sont toujours délicates à mener. Elles demandent de l’écoute et du temps. Pour réussir, la concertation, le dialogue, l’échange permanent avec la communauté éducative et les élus locaux sont indispensables. Nous en avons aussi fait l’expérience à Caen, parfois douloureusement lorsque le calendrier nous a imposé des décisions trop rapides.
Aujourd’hui, le Conseil général doit proposer une véritable vision éducative à l’échelle départementale. Dans notre région, où le niveau d’étude a longtemps été en retard par rapport aux territoires voisins, il s’agit d’une impérieuse nécessité. Jean-Léonce Dupont revendique sa détermination comme un atout, au mépris de celles et ceux, enfants, adolescents et adultes, qui constituent la communauté éducative de ces établissements. Privilégiant une approche comptable et immobilière, contre l’opportunité d’une véritable politique publique de l’éducation, il donne une image brutale de la décision politique. On ne peut que regretter cette façon de mettre en « concurrence » deux collèges et leurs communautés en restant dans l’ambiguïté le plus longtemps possible. Est-ce là une méthode responsable pour un décideur public ?
Lors du dernier Conseil municipal, le 12 novembre, nous avions voté à l’unanimité, gauche et droite confondues, un vœu au Président du Conseil général. Je le lui ai remis en mains propres le 15 novembre. Je n’ai jamais eu de réponse à ce vœu, et c’est méprisant pour notre ville et ses représentants, sincères et engagés pour l’intérêt général. Hier soir, l’opposition a tourné le dos à ses responsabilité. Je le regrette très sincèrement pour celles et ceux qui ont cru en elle.






