Philippe Duron

La Gauche en actions

Logement : l’État doit reprendre la main

Philippe Duron et Patrick Ledoux recevaient ce mercredi soir à Louvigny Jean-Yves Le Bouillonnec. Il est député-maire de Cachan, co-président du groupe d’études « construction et logement » à l’Assemblée nationale et a été chargé de cette thématique dans l’équipe de campagne de François Hollande.

 

Jean-Yves Le Bouillonnec a posé d’emblée un constat accablant : près de huit millions de français ont aujourd’hui un problème lié au logement (accès au logement, insalubrité, paiement des loyers, inadéquation aux besoins du ménage…) Une situation révoltante puisque l’habitat est le « bien premier » des familles. Comment en effet structurer la vie de sa famille sans disposer d’un lieu de vie décent et adapté ? Comment mener une vie sociale ou professionnelle sans avoir un véritable « chez soi » pour recevoir ou se reposer ?

 

Philippe Duron et Jean-Yves Le Bouillonnec

 

Répondant à un besoin primordial de chacun d’entre nous, le logement ne saurait être abandonné au seul pouvoir des spéculateurs et du libéralisme. C’est pourtant ce qu’a fait la droite depuis de nombreuses années. Ainsi, l’État s’est considérablement désengagé financièrement de la construction de logements neufs accessibles à tous. Depuis Gilles De Robien, Ministre du Logement de 2002 à 2005, la doctrine a consisté à laisser faire les acteurs privés et à attendre que les territoires s’en débrouillent.

 

Faute d’investissement de la part de l’État, l’offre de logements sociaux et très sociaux est devenue notoirement insuffisante. L’essentiel de l’effort de l’État a été détourné de la production de logements locatifs sociaux. Le dégagement a été concentré dans des dispositifs d’annonce sans résultat probant (« Maison Borloo », « Maison à 15 € / jour ») ou des aides sans contrepartie sociale (PTZ, Scellier…) Durant les dix dernières années, ces dispositifs et aides ont coûté près de 15 milliards d’euros à l’État, qui ne finançait dans le même temps le logement locatif social qu’à hauteur de 2 milliards d’euros.

 

La politique du logement n’est pas une simple opération d’animation des acteurs du secteur. Elle suppose une stratégie volontariste de l’État. Un engagement de gauche en faveur du logement pour tous implique de ne pas fournir d’aide sans contrepartie sociale, d’encadrer l’augmentation des loyers, ou de permettre la substitution de l’État en cas de carence des communes dans la construction de logements sociaux

 

Philippe Duron a souligné qu’il s’agissait d’un « sujet global pour notre pays » : le secteur du bâtiment « fait appel à une main d’œuvre locale ou nationale et des industries amont souvent françaises ». L’enjeu dépasse donc les seules familles ; il concerne aussi notre économie.

 

Au niveau de l’agglomération de Caen-la-Mer, le nouveau Programme Local de l’Habitat définit un objectif à la fois quantitatif (1.400 nouveaux logements dans l’agglomération, dont 700 à Caen) et qualitatif (rééquilibrage accession sociale / accession privée). Un effort est par ailleurs mené sur les parcours résidentiels et sur la qualité urbanistique et architecturale de ces nouveaux logements.

 

« Un travail exemplaire qui démontre la volonté politique de Philippe Duron », a conclu Jean-Yves Le Bouillonnec.

 

> Lire le rapport Le Bouillonnec sur le logement (2008)

 

> Lire la question écrite de Philippe Duron sur le financement du logement social (2011)

 

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